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Constantine, entre ponts vertigineux, malouf et chakhchoukha

Admin Ormeet · 18 septembre 2026

Constantine ne se visite pas, elle se traverse. Perchée sur son rocher, coupée en deux par les gorges du Rhumel et reliée à elle-même par une demi-douzaine de ponts suspendus au-dessus du vide, l'ancienne Cirta impressionne dès le premier regard. Mais derrière les vertiges de pierre, c'est une ville qui vit encore au rythme du malouf, des ateliers de dinandiers et des grandes tablées de chakhchoukha. Un patrimoine qui ne demande qu'à être vécu, pas seulement contemplé.

Le pont de Sidi M'Cid enjambant les gorges du Rhumel à Constantine — photo Wikimedia Commons
Le pont de Sidi M'Cid enjambant les gorges du Rhumel à Constantine — photo Wikimedia Commons

Traditions et fêtes qui rythment la ville

Le malouf, une musique qui se transmet de bouche à oreille. À Constantine, la musique savante porte un nom bien à elle : le malouf, héritier de la musique arabo-andalouse apportée par les familles chassées de Séville, Cordoue et Grenade après la Reconquista. Aux côtés du gharnati de Tlemcen et de la sanâa d'Alger, le malouf constantinois se distingue par sa structure en noubas, ces suites de neuf pièces chantées et jouées au oud, au violon et à la derbouka. Cette musique ne s'apprend pas dans des livres : elle se transmet toujours de maître à élève, de parent à enfant, et rassemble toutes les générations lors des mariages et des fêtes de famille. Comment le vivre aujourd'hui : plusieurs associations constantinoises (comme celles héritières de l'école de Mohamed Tahar Fergani) donnent des concerts et des soirées ouvertes au public dans la ville — une soirée malouf entre amis est une manière simple et forte de sentir battre le cœur de Constantine.

Yennayer, la nouvelle année qui remet l'artisanat à l'honneur. Le 12 janvier, Constantine célèbre Yennayer, la nouvelle année amazighe, avec un programme culturel et artistique où se croisent expositions d'artisanat — poterie, habits traditionnels — et animations familiales rappelant l'ancrage amazigh de la région. C'est l'occasion de (re)découvrir les savoir-faire locaux à travers des stands et des démonstrations en plein cœur de la ville.

Fantasia et baroud, l'héritage équestre de la région. Dans les environs de Constantine, des rassemblements font revivre les traditions cavalières : la fantasia, ces charges de cavaliers en tenue traditionnelle, et le baroud, les tirs de poudre rythmés qui l'accompagnent. Ce sont des moments spectaculaires, hérités des anciennes fêtes de moussem, où le patrimoine se donne à voir en mouvement. Comment le vivre aujourd'hui : renseigne-toi sur le calendrier des fêtes locales et des moussems dans la wilaya avant ton passage — ce sont souvent des rendez-vous ponctuels, parfaits pour une sortie en groupe si les dates concordent.

À goûter absolument

La chakhchoukha constantinoise, star incontestée des grandes occasions. Elle se prépare avec des galettes de semoule cuites puis émiettées, nappées d'un bouillon de viande — ici, à Constantine, traditionnellement à l'agneau et au poulet, sans ail ni œufs durs, contrairement à d'autres versions du pays. C'est LE plat qu'on sert aux mariages et aux grandes réunions de famille.

La chorba frik version Constantine. Née dans l'Est algérien, entre Constantine, Sétif et Annaba, cette soupe au blé concassé vert (le frik) est un classique du Ramadan et des soirées fraîches. La version constantinoise se reconnaît à sa légèreté et à la menthe séchée qu'on ajoute au moment de servir, pour parfumer chaque bol.

Le chbah safra, la spécialité qui surprend. Ce plat sucré-salé marie amandes, sucre, viande et épices dans une même assiette — un équilibre délicat qui fait partie des spécialités les plus réputées de Constantine, à goûter chez les familles ou dans les restaurants qui perpétuent la cuisine traditionnelle de la ville.

Les dragées, indispensables aux grandes occasions. Mariages, naissances, circoncisions : à Constantine, aucune fête de famille ne se conçoit sans la distribution de dragées, accompagnée des youyous des femmes. Un petit geste sucré chargé de symbole, qui accompagne les grands passages de la vie.

Comment le vivre aujourd'hui : direction les gargotes et restaurants du centre-ville et de la vieille médina pour goûter une vraie chakhchoukha ou une chorba frik comme à la maison — et si tu es invité à un mariage constantinois, ne repars jamais sans tes dragées. Crée une sortie découverte à Constantine sur Ormeet pour organiser une virée gourmande entre amis dans la vieille ville.

Artisanat et savoir-faire : la ville du cuivre ciselé

Constantine est considérée comme la capitale incontestée de la dinanderie en Algérie, cet art du cuivre martelé et ciselé hérité du Moyen Âge et fortement marqué par les influences ottomanes. Dans les quartiers autour de la Casbah, les dinandiers façonnent depuis des générations plateaux, théières, sucriers et brûle-encens, entièrement travaillés à la main puis patinés pour leur donner cet aspect ancien si reconnaissable. L'ornementation, aux motifs orientaux, se distingue de celle de Tlemcen, plus marquée par le style hispano-mauresque. À cela s'ajoutent la broderie, la poterie et le travail du bois, autant de savoir-faire transmis de maître à apprenti, aujourd'hui fragilisés par la baisse d'intérêt des jeunes générations pour ces métiers exigeants.

Comment le vivre aujourd'hui : flâne dans les ruelles autour de la médina et des souks pour observer les artisans au travail, et repars avec un plateau ciselé ou un petit objet en cuivre — un souvenir bien plus authentique qu'un objet touristique classique.

Activités typiques à vivre en groupe

Rien ne vaut une traversée à pied des ponts suspendus de Constantine pour comprendre pourquoi on l'appelle « la ville des ponts » : le pont Sidi M'Cid, longtemps l'un des plus hauts du monde, et le pont Sidi Rached offrent des vues vertigineuses sur les gorges du Rhumel. Une balade au coucher du soleil, entre amis, reste l'une des expériences les plus marquantes de la ville.

Ajoute à cela une visite du Palais Ahmed Bey, riche témoignage de l'architecture ottomane locale, un détour par les souks de la médina pour l'artisanat et les épices, et — si le calendrier le permet — la participation aux festivités de Yennayer en janvier ou à un concert de malouf en soirée.

Crée une sortie découverte à Constantine sur Ormeet pour transformer cette liste en vraie sortie de groupe : une journée ponts et médina, suivie d'un dîner chakhchoukha entre amis, c'est le genre de programme qui donne envie de revenir.

En bref

Entre ses ponts suspendus, ses noubas de malouf transmises depuis des siècles, ses dinandiers qui font chanter le cuivre et sa chakhchoukha servie aux grandes occasions, Constantine porte un patrimoine qui se vit avant tout collectivement — en famille, entre voisins, entre amis. La meilleure façon de le découvrir reste encore de s'y retrouver à plusieurs, sur place.

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